Sur un grand piano de concert Kawai EX, Hisako Kawamura a choisi de se présenter aux mélomanes avec le si peu enregistré Carnaval de Vienne de Schumann et l’avant-dernière sonate de Schubert, la grande La majeur D 959. Est-ce un bon choix ? Certes, la jeune pianiste japonaise formée en Allemagne où elle a remporté de nombreux prix, ainsi que le troisième du Concours Geza-Anda de Zurich, en Suisse, joue bien, d’une façon droite et énergique, sans maniérismes incongrus. Mais elle ne se distingue pas non plus par un jeu qui retiendrait l’attention, ne serait-ce que par une qualité pianistique qui lui fait un peu défaut. Son Schumann, très noir et blanc, souffre d’une lecture un peu précipitée dans un finale pris trop vite pour les moyens réels de la pianiste. Elle y est un peu tétanisée, ce qu’avait annoncé son manque de finesse dans l’Allegro initial, un peu trop massif, manquant de cet humour caractéristique du compositeur. L’Intermezzo et la Romance sonnent un peu gros. Le premier mouvement de la sonate de Schubert avance, mais par à-coups, sans ligne bien perceptible. Les doigts sont un peu lourds et toujours à fond de clavier, ne colorant pas, ne mettant pas les plans sonores en perspective. L’Andantino est mieux venu, mais comment ne pas être ému par ce chant de renoncement ?