Kubelik et Beethoven se sont au moins rencontrés pour une «Missa solemnis» inoubliable (Orfeo) et pour des symphonies chez DG, gravées avec des orchestres différents le Philharmonique d’Israël pour la 4e et le Symphonique de Boston pour la 5e. En comparaison, ces concerts munichois déçoivent. L'Adagio qui ouvre la 4e sonne plus attentiste que mystérieux, le finale jamais ébroué compte les battements du métronome. Un orchestre atone, dont Kubelik ne laisse émerger aucun détail des bois ou des cuivres qui puisse pimenter le discours, ennuie; il lasse encore plus dans une 5e de bois, où à force de vouloir éviter toute grandiloquence, l'oeuvre se délite jusque dans un Allegro conclusif asséné à la prussienne, tenu, métrique, sans projection, avec çà et là quelques concessions au changement de tempo qui rendent le tout plus incohérent encore.