Henri Vieuxtemps fut l'un des plus illustres violinistes de la génération d'après Paganini. Professeur aux Conservatoires de Saint-Pétersbourg puis de Bruxelles, il compta parmi ses élèves Eugène Ysaye, Emile Sauret et Jenö Hubay. Figure essentielle de l'école franco-belge de violon, il fut aussi un compositeur estimé. S'il a laissé une abondante littérature pour son instrument, dont sept concertos et de nombreuses pièces de virtuosité, on lui doit également trois quators à cordes, un trio, et deux concertos pour violoncelle. Son eouvre pour alto, sortie de l'ombre il y a quelques années par excellent disque de Pierre Lenert et Jeff Cohen, connaît ici une nouvelle interprétation tout aussi digne d'éloges. L'éminent altiste allemand Thomas Selditz, déjà loué au sein de Trio Gaede, aborde ce répertoire ardent et raffiné avec un lyrisme engage, plein de verve. Dans la grande Sonate op. 36 notamment, la densité du ton et la puissance du discours révèlent non seulement une superbe maîtrise instrumentale, mais aussi une inspiration d'une profonde poésie. Par la subtile intimité de leur dialogue et par la beauté de leur timbres, Selditz et Stoupel rendent à ces pages directement héritières de la tradition romantique de Mendelssohn ou de Schumann, leur charme, leur profondeur et leur sensualité.