Rezension Diapason 6/2004 | Emmanuel Reibel | 1. Juni 2004 Des cinq trios à cordes de Beethoven, les trois de l’Opus 9 sont le plus...
Des cinq trios à cordes de Beethoven, les trois de l’Opus 9 sont le plus aboutis ; leur séduction réclame néanmoins une interprétation parfaite, car ils restent des pages de jeunesse (1796-1798), dans un genre délaissé, dès l’année suivante, pour le quatuor. Constitué par des chefs de pupitre de l’Orchestre de Hanovre, le Trio Kandinsky donne de l’Opus 9 n° 1 une vision enlevée ; la précision d’articulation met en relief l’influence de haydnienne des trois premiers mouvements autant que le caractère pré-mendelssohnien du dernier. Face à cette lecture soignée, qui s’abandonne pourtant un peut trop dans l’Adagio ma non tanto, le Trio Jacques Thibaud, allemand lui aussi, ne soutient pas la comparaison. Que l’on passe les nombreuses scories ou les fluctuations de tempo, incessantes, voire inconvenantes dans le perpetuum mobile du Presto, il reste un son âpre et lourd, sans conduite dans le mouvement lent, avare de dynamique dans les tempos rapides.
Si l’Opus 9 n° 2, au premier abord plus convenu, n’inspire pas davantage le Trio Jacques Thibaud (ornementations de l’Allegretto malmenées, silences du premier thème redoublés), il prend avec les Kandinsky un relief nouveau. Stylés jusque dans les thèmes populaires du rondo finale, ceux-ci font valoir une belle homogénéité sonore. L’Opus 9 n° 3 dissipe l’ombre de Haydn ; soulignant le souffle dramatique de son ut mineur, le Trio Jacques Thibaud fait ici preuve d’un bel engagement, mais pèche toujours par ses effets appuyés. Il ne trouve ni la qualité de son ni l’équilibre entre vigueur et souplesse des attaques soigné par les Kandinsky. Leur interprétation trouve une place honorable dans la discographie, toujours dominée par l’intégrale du Trio Grumiaux (Philips).
Si l’Opus 9 n° 2, au premier abord plus convenu, n’inspire pas davantage le Trio Jacques Thibaud (ornementations de l’Allegretto malmenées, silences du premier thème redoublés), il prend avec les Kandinsky un relief nouveau. Stylés jusque dans les thèmes populaires du rondo finale, ceux-ci font valoir une belle homogénéité sonore. L’Opus 9 n° 3 dissipe l’ombre de Haydn ; soulignant le souffle dramatique de son ut mineur, le Trio Jacques Thibaud fait ici preuve d’un bel engagement, mais pèche toujours par ses effets appuyés. Il ne trouve ni la qualité de son ni l’équilibre entre vigueur et souplesse des attaques soigné par les Kandinsky. Leur interprétation trouve une place honorable dans la discographie, toujours dominée par l’intégrale du Trio Grumiaux (Philips).