Du Mozart des Amadeus, l'honnête mélomane sait déjà tout. Que dire alors du fidèle lecteur de Diapason, dont le magazine favori redorait l'intégrale réalisée pour DG (cf. na 600), et glissait quelques documents contemporains de ceux-ci dans le premier coffret de sa «Discothèque idéale»…
Comme on s'y attendait, les quatuors enregistrés entre 1950 et 1955 pour le RIAS diffèrent peu des gravures ultérieures. Du style et de la conception des pièces, tout ou presque semble fixé sous les archets de la jeune équipe. On y entend déjà les quatre compères tout en fraîcheur, en lyrisme lumineux (merci Norbert Brainin), en tendresse, en cohésion et en subtilité (les voix «internes»!), mais avec quelques années de moins qu'en stéréo – comprenez: avec parfois un rien de vigueur supplémentaire dans le coup d'archet. Et à ceci près que les micros de la radio nous rapprochent à ce point des cordes que l'on croit presque parfois pouvoir sentir l'odeur de la colophane. On en vit d'autant mieux chaque frémissement. En toute intimité.
Même constat pour les quintettes de 1953 et 1957 (le na 6) avec Cecil Aronowitz, cinquième membre du quatuor. Si ce n'est que cette photo de jeunesse les flatte plus que celle, bien connue, réalisée pour le label à l'étiquette jaune entre 1968 et 1975. Tout ici sonne de manière p lus resserrée, plus fusionnelle et plus vivante – en dépit de quelques tempos un rien plus lents.
Pas une once de vibrato dans le jeu du clarinettiste Heinrich Geuser qui les rejoint pour le KV 581 (normal chez un germanique, qui plus est en 1952). Les prodigieux Amadeus, eux, ne changent rien au leur. Et comparé à la version de 1976 avec Gervase de Peyer, c'est le printemps – dans l'Allegro, surtout! Décidément irrésistible.