Le Quatuor Mandelring, auquel nous devons une notable intégrale Onslow et, déjà, un Quintette de Brahms, s'est voué depuis quelques années à la redécouverte des contemporains de ce dernier. Le présent volume permet de découvrir le très avenant Friedrich Gernsheim, deux autres publications sont consacrées a Otto Dessoff, à peine représente au Catalogue, et à Heinrich Herzogenberg, qui n'y figurait pas davantage que Gernsheim. Rapprochements toujours instructifs entre un maître et ses admirateurs, épigones ou artisans doués, petits ou grands talents. Pour avoir été formé au Conservatoire de Leipzig et a la Musikhochschule de Berlin, Mecque du conservatisme, le dernier nommé pourrait bien n'être qu'un habile façonnier élevé dans le respect intangible des règles. De fait, l'audition de son Quatuor en la mineur confirme cet a priori autant qu'elle permet de le nuancer. Le premier mouvement et sa pulsation viennent en droite ligne du maître de Hambourg, comme une certaine homogénéité de la pâte sonore ou se mêlent les voix mélodiques. Au fil des trois mouvements suivants se marquent cependant les titres et les limites de ce romantisme sous surveillance. Une certaine facilité rhapsodique dans l’ordonnance des idées et de leurs développements, la simplicité d'un mélodisme accompagné au secours d'un contrepoint à court d'imagination, une thématique rarement exploitée au maximum de ses virtualités, signent un travail solide mais somme toute superficiel. S'affirment néanmoins une fraîcheur et un élan communicatif. La sérénité de l’Adagio aux allures de choral, le burlesque et le lyrisme qui se partagent le Scherzo alla Haydn, le finale cavalcadant, sans être inouïs, savent capter l'attention. Les excellents interprètes, unis par un commun enthousiasme et une sonorité d'ensemble des plus chaleureuses, offrent par ailleurs un Brahms de belle allure. Dans le détail des parties comme dans la fusion symphonique qui les unit, la formation allemande menée par Sebastian Schmidt, parle Brahms comme sa langue maternelle.