Rezension Diapason juin 2006 | Paul de Louit | June 1, 2006 Ce qu'on qualifie d'intégrale de l'œuvre d'orgue de César Franck se compose...
Ce qu'on qualifie d'intégrale de l'œuvre d'orgue de César Franck se compose généralement des seules dix-neuf pièces formant les trois recueils de la maturité et de la fin. Déjà, Eric Lebrun avait commencé d'élargir ce panorama pour refléter aussi un Franck plus juvénile, moins maître de son métier, lorsqu'il exerçait à Saint-Jean Saint-François. Mais c'est ici la première fois qu'on peut entendre réuni tout ce que Franck a écrit pour son instrument, et même au-delà, puisque Hans-Eberhard Ross y a inclus le corpus pour harmonium.
Après être allé vers une diversité de plus en plus raffinée d'instruments historiques (Susan Landale, Joris Verdin), n'est-ce pas politiquement incorrect que d'opter pour un instrument récent, et le même de bout en bout ? Outre l'unité qu'en retire cependant un corpus qui pourrait briller autrement par son disparate, l'instrument de Memmingen (IV/62, 1998) se montre à la hauteur, ici registré avec une économie de mixtures de bon aloi et un sens irréprochable des équilibres (ensembles de fonds, mélanges fonds/anches, crescendos).
Le premier volume est de très haute tenue : les deux Pièces trouvent leur tempo et, partant, leur juste trajectoire formelle, ce qui tient presque du tour de force dans la passionnante mais épineuse Pièce pour Saint-Eustache. Dans les 6 Pièces, Ross trouve, un peu à l'instar de Landale, un heureux compromis entre les tempos vifs retrouvés par Fauquet et le souffle lyrique de la tradition : une Grande Pièce symphonique parfaitement conduite, une Prière allante et dégagée de toute emphase pseudo-wagnérienne, mais au chant pénétrant et aux belles respirations, un finale enlevé, quasi au tempo de Verdin.
Le reste est plus inégal. On pourra toujours discuter du bien-fondé de jouer à l'orgue des pièces pour harmonium : il faut applaudir la vie qui en ressort ici. Il est plus difficile de souscrire sans réserve au parti pris rhapsodique qui secoue les 3 Pièces et les 3 Chorals. Si les deux finales n'en sont pas trop endommagés, la délicate construction de la Fantaisie en la cède sous l'amplitude des variations de tempo, le deuxième choral n'a plus grand-chose d'une passacaille et le premier y perd et son cantabile, et sa majesté formelle.
Après être allé vers une diversité de plus en plus raffinée d'instruments historiques (Susan Landale, Joris Verdin), n'est-ce pas politiquement incorrect que d'opter pour un instrument récent, et le même de bout en bout ? Outre l'unité qu'en retire cependant un corpus qui pourrait briller autrement par son disparate, l'instrument de Memmingen (IV/62, 1998) se montre à la hauteur, ici registré avec une économie de mixtures de bon aloi et un sens irréprochable des équilibres (ensembles de fonds, mélanges fonds/anches, crescendos).
Le premier volume est de très haute tenue : les deux Pièces trouvent leur tempo et, partant, leur juste trajectoire formelle, ce qui tient presque du tour de force dans la passionnante mais épineuse Pièce pour Saint-Eustache. Dans les 6 Pièces, Ross trouve, un peu à l'instar de Landale, un heureux compromis entre les tempos vifs retrouvés par Fauquet et le souffle lyrique de la tradition : une Grande Pièce symphonique parfaitement conduite, une Prière allante et dégagée de toute emphase pseudo-wagnérienne, mais au chant pénétrant et aux belles respirations, un finale enlevé, quasi au tempo de Verdin.
Le reste est plus inégal. On pourra toujours discuter du bien-fondé de jouer à l'orgue des pièces pour harmonium : il faut applaudir la vie qui en ressort ici. Il est plus difficile de souscrire sans réserve au parti pris rhapsodique qui secoue les 3 Pièces et les 3 Chorals. Si les deux finales n'en sont pas trop endommagés, la délicate construction de la Fantaisie en la cède sous l'amplitude des variations de tempo, le deuxième choral n'a plus grand-chose d'une passacaille et le premier y perd et son cantabile, et sa majesté formelle.