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Partituren

Rezension Partituren Juli/August 2007 | Georg Rudiger | July 1, 2007 Bei seiner zweiten Schostakowitsch-Einspielung beschreitet das Mandelring...

Bei seiner zweiten Schostakowitsch-Einspielung beschreitet das Mandelring Quartett einen langen Weg, der das Ensemble vom heiter verspielten Kopfsatz des dritten bis zum todernsten Largo-Finale des achten Quartetts führt: seinem „Requiem“. In fahlem, fein abgestuftem Ton beginnt Primarius Sebastian Schmidt die Linie in der ersten Violine. Grenzenlose Einsamkeit ist zu spüren, der die tiefen Streicher warme Farben schenken. Die drei Geschwister bilden mit dem Bratschisten Roland Glassl ein homogenes Ensemble, das Genauigkeit mit Expressivität verbindet. Die Pfälzer Musiker spielen intensiv, ohne aufdringlich zu sein. Und bewahren selbst in den vielen ekstatischen Passagen ihre ausgezeichnete Balance: ein Ereignis.
Diapason

Rezension Diapason N° 549 - Juillet-Août 2007 | Rémy Louis | July 1, 2007 Ce CD inaugure une édition Karl Böhm élaborée à partir d'archives toutes...

Ce CD inaugure une édition Karl Böhm élaborée à partir d'archives toutes inédites (excellent son radio), comme précédemment la splendide édition Kubelik. Mozart et Strauss nous emmènent en terrain connu. Le flux de Don Juan est somptueux, son élan interne irrésistible, sa respiration toujours large et organique. Comme dans la récente version « Kurier Edition » du Philharmonique de Vienne, Böhm trace un portrait complexe, à l'épaisseur humaine fascinante. La mélancolie des épisodes féminins, les mouvements de l'âme qui sous-tendent la moindre coloration des bois, le moindre soupir des cuivres, évoquent une espèce de retour sur soi désabusé, peut-être pessimiste, mais d'une rare densité psychologique. Mozart, lui, ne jouit pas de la déflagration, de l'hystérie des contrastes, mais du frémissement incessant de la ligne, toujours parfaitement tracée, même dans des tempos modérés. L'Andante évoque une mélodie continue où tout chante et respire, et toutes les lignes du Presto vibrent en même temps, à la façon d'un perpetuum mobile intérieur au charme certain.

Pour beaucoup, la découverte sera un Oiseau de feu absolument original (Böhm a plus joué Stravinsky qu'on le pense en général : première bavaroise du Chant du Rossignol, Munich 1923, première allemande de Jeu de cartes, Dresde 1937, Oedipus Rex avec Jean Cocteau en récitant, Vienne 1952...). En s'ingéniant à vouloir faire tout entendre, à détailler les timbres, les couleurs, à demander à l'orchestre un jeu espressivo (hautbois, flûte, le cor au début du finale), le chef autrichien ouvre la porte d'une étrange et mystérieuse version stravinskienne de la Klangfarbenmélodie. Le temps paraît suspendu, et le monde sonore très présent qui naît peu à peu, perpétuellement mouvant, évoque au passage d'autres ambiances fin (et début) de siècle : la Danse des princesses suggère que Böhm aurait fait un très beau Prélude à l'après midi d'un faune ! Est-ce là une vision décadente ? Sans annoncer la violence rythmique du Sacre du Printemps pourtant proche, elle ne se limite pas non plus à un simple souvenir rimskien, fut-il assombri. D'évidence, cette lecture intrigante est à recommander à ceux qui connaissent bien leur Oiseau de feu.

Précisons, contrairement aux dires de l'éditeur, qu'il existait déjà dans la discographie du chef : avec Berlin à Salzbourg (1968, plus noire encore, mais son médiocre, Memories), et à Tokyo avec Vienne (1975, deux captations différentes à quelques jours d'intervalles, son glorieux, DG Japon). La parenté du propos esthétique est frappante, mais les témoignages viennois sont à part : l'or liquide de la sonorité, sa lumière, sont indescriptibles... et déclenchent une ovation colossale du public japonais.
Diapason

Rezension Diapason N° 549 - Juillet-Août 2007 | Pierre-E. Barbier | July 1, 2007 Qui se souvient que la Sonate n° 1 H 277 fut créée le 19 mai 1940 par Pierre...

Qui se souvient que la Sonate n° 1 H 277 fut créée le 19 mai 1940 par Pierre Fournier et Rudolf Firkusny, dans une ambiance fiévreuse sous la menace d'une « drôle de guerre » qui allait mal se finir ? L'œuvre fut chaudement acclamée, mais n'était-ce pas la Tchécoslovaquie que le public français ovationnait, avec la mauvaise conscience des « accords » de Munich ? Ce tandem idéal n'eut pas l'heur de renouveler et de documenter pareille rencontre. Starker (RCA) le fit en octobre 1990, au sein d'un album comprenant les trois sonates – une référence.

La Sonate n° 1 se réfère sans complexe au dernier Fauré, ce que Pascal Devoyon suggère superbement dans le Lento central, austère et prenant – son partenaire allemand avec moins d'affinités. Les tempos sont un peu précipités et si le violoncelliste maîtrise fort bien les flux et les vifs reflux du Poco allegro initial, il a plus de peine à donner son impérieuse grandeur à la toccata finale (Allegro con brio). La Sonate n° 2, apparemment moins engagée sentimentalement, est d'une magnifique élévation, néo-brahm-sienne dans l’Allegro liminaire, impressionnante et méditative dans le Largo central (peut-être la page la plus inspirée du programme) que devrait interrompre avec éclat y Allegro comodo conclusif. Tilmann Wick s'en tient à une lecture un peu timorée, même lors de la cadence.

La dernière sonate, qui se veut plus souriante et détendue, exige une connaissance instinctive du phrasé populaire bohème réinventé par Martinu, ici comme dans le Concerto da caméra ou le Nonette H 374. Le style de jeu de Devoyon est magnifique, le son du Grancino de Wick un peu étouffé. Globalement les tempos sont trop rapides et les contrastes insuffisamment marqués. Force est de revenir aux références tchèques, Vectomov/Palenicek, Chuchro/Hala (Supraphon), Kanka/Klepac (Bonton)...

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