Rezension Diapason N° 665 fevrier 2018 | Hugues Mousseau | February 1, 2018 Voici publiée pour la première fois l’intégralité du concert que...
Voici publiée pour la première fois l’intégralité du concert que Furtwängler donna le 26 août 1953, dans le cadre des Semaines musicales internationales de Lucerne. L’« Eroica » et la Symphonie n° 4 de Schumann étaient connues de longue date (mais dans un son bien inférieur, en termes de relief, de profondeur, de présence, à ce qu’Audite nous révèle ici, en transférant les bandes originales ré – cemment découvertes). Inédite à ce jour, l’Ouverture de Manfred – une des œuvres dans lesquelles l’art de Furtwängler trouvait le mieux à s’exprimer – apparaît moins noire, moins haletante en sa partie centrale (à partir de 5’59’’), moins convulsive aussi que dans l’affolant concert berlinois capté trois mois auparavant (DG). L’architecture y est également moins saillante, Furtwängler étirant les lignes à l’extrême, tandis que les deux ultimes mesures tenuto et pianissimo n’offrent plus tout à fait cette lueur tremblante et blafarde.
Le même constat s’impose pour la 4e de Schumann, d’un cantabile et d’une effusion certes irrésistibles, mais dans laquelle l’orchestre – em – mené par un Michel Schwalbé de trente-trois ans – ne semble pouvoir aller partout où Furtwängler aspire à l’entraîner. Manquent notamment ces imprévisibles et fatals coups de rein qu’y délivrait Berlin dans la version studio de 1951, où la transition conduisant au finale s’ouvrait tel un gouffre alors que nous demeurons ici tranquillement au bord du ravin. Par ailleurs, les scories instrumentales qui étaient à Berlin quantité négligeable passent ici moins bien.
Parmi les différentes « Eroica » de Furtwängler, celle de Lucerne n’est pas au nombre des plus indispensables. Les limites de l’orchestre suisse (le trio du Scherzo) concourent à mettre trop en avant le pathos qu’y insufflait le chef, à laisser même affleurer une lourdeur dont les versions viennoises de novembre 1952 et, surtout, décembre 1944 étaient exemptes.
Un détail convaincra certain(e)s d’acquérir à tout prix ce double album : dans le livret, deux clichés rarissimes montrent le maître en baignade, arborant, par un bel après-midi, le plus auguste et affriolant slip kangourou qui soit.
Le même constat s’impose pour la 4e de Schumann, d’un cantabile et d’une effusion certes irrésistibles, mais dans laquelle l’orchestre – em – mené par un Michel Schwalbé de trente-trois ans – ne semble pouvoir aller partout où Furtwängler aspire à l’entraîner. Manquent notamment ces imprévisibles et fatals coups de rein qu’y délivrait Berlin dans la version studio de 1951, où la transition conduisant au finale s’ouvrait tel un gouffre alors que nous demeurons ici tranquillement au bord du ravin. Par ailleurs, les scories instrumentales qui étaient à Berlin quantité négligeable passent ici moins bien.
Parmi les différentes « Eroica » de Furtwängler, celle de Lucerne n’est pas au nombre des plus indispensables. Les limites de l’orchestre suisse (le trio du Scherzo) concourent à mettre trop en avant le pathos qu’y insufflait le chef, à laisser même affleurer une lourdeur dont les versions viennoises de novembre 1952 et, surtout, décembre 1944 étaient exemptes.
Un détail convaincra certain(e)s d’acquérir à tout prix ce double album : dans le livret, deux clichés rarissimes montrent le maître en baignade, arborant, par un bel après-midi, le plus auguste et affriolant slip kangourou qui soit.