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Diapason

Rezension Diapason N° 549 - Juillet-Août 2007 | Pierre-E. Barbier | 1. Juli 2007 Qui se souvient que la Sonate n° 1 H 277 fut créée le 19 mai 1940 par Pierre...

Qui se souvient que la Sonate n° 1 H 277 fut créée le 19 mai 1940 par Pierre Fournier et Rudolf Firkusny, dans une ambiance fiévreuse sous la menace d'une « drôle de guerre » qui allait mal se finir ? L'œuvre fut chaudement acclamée, mais n'était-ce pas la Tchécoslovaquie que le public français ovationnait, avec la mauvaise conscience des « accords » de Munich ? Ce tandem idéal n'eut pas l'heur de renouveler et de documenter pareille rencontre. Starker (RCA) le fit en octobre 1990, au sein d'un album comprenant les trois sonates – une référence.

La Sonate n° 1 se réfère sans complexe au dernier Fauré, ce que Pascal Devoyon suggère superbement dans le Lento central, austère et prenant – son partenaire allemand avec moins d'affinités. Les tempos sont un peu précipités et si le violoncelliste maîtrise fort bien les flux et les vifs reflux du Poco allegro initial, il a plus de peine à donner son impérieuse grandeur à la toccata finale (Allegro con brio). La Sonate n° 2, apparemment moins engagée sentimentalement, est d'une magnifique élévation, néo-brahm-sienne dans l’Allegro liminaire, impressionnante et méditative dans le Largo central (peut-être la page la plus inspirée du programme) que devrait interrompre avec éclat y Allegro comodo conclusif. Tilmann Wick s'en tient à une lecture un peu timorée, même lors de la cadence.

La dernière sonate, qui se veut plus souriante et détendue, exige une connaissance instinctive du phrasé populaire bohème réinventé par Martinu, ici comme dans le Concerto da caméra ou le Nonette H 374. Le style de jeu de Devoyon est magnifique, le son du Grancino de Wick un peu étouffé. Globalement les tempos sont trop rapides et les contrastes insuffisamment marqués. Force est de revenir aux références tchèques, Vectomov/Palenicek, Chuchro/Hala (Supraphon), Kanka/Klepac (Bonton)...

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