Rezension Le Monde de la Musique Septembre 2007 | Patrick Szersnovicz | 1. September 2007 Chostakovitch était a l'avantgarde par ses structures melodiques et...
Chostakovitch était a l'avantgarde par ses structures melodiques et conservateur par son attachement a la mélodie, a une époque ou l'on était volontiers a-melodique Dans le splendide Troisième Quatuor (1946), l'intelligibilité instantanée de l'architecture et le mariage de structures très fines (passacaille de 1 « Adagio » en ut dièse mineur) et d'une expression sombre evoquent le dernier Beethoven. En même temps, l'œuvre est mozartienne par sa transmutation de la souffrance en grâce. Après un début quasi désinvolte, ce Troisième Quatuor surprend par sa plongée dans le drame. Moins exigeant sur le plan de la dynamique, l'allègre – et longtemps néglige – Sixième Quatuor (1956) habite un monde limpide et pastoral, différent de celui de ses prédécesseurs. Plus souvent joue a lui seul que les quatorze autres, le Huitième Quatuor (1960) possède un aspect autobiographique qui vient de la citation d'elements empruntes a des œuvres précédentes du compositeur, mais il s'agit avant tout d'une œuvre âpre, conflictuelle, déchirante.
Pour ce deuxième volume d'une future intégrale, le Quatuor Mandelring – jeune formation allemande qui a déjà signe de remarquables CD consacres a Brahms et surtout a Schubert – fait montre d'appréciables qualités factuelles, particulièrement dans une lecture sobre et raffinée du Sixième Quatuor. Si la vision un rien trop « constructiviste », du Troisième Quatuor peut séduire, elle manque de profondeur. L'interprétation du Huitième Quatuor vaut pour sa maîtrise instrumentale, malgre un jeu un peu trop uniforme.
Pour ce deuxième volume d'une future intégrale, le Quatuor Mandelring – jeune formation allemande qui a déjà signe de remarquables CD consacres a Brahms et surtout a Schubert – fait montre d'appréciables qualités factuelles, particulièrement dans une lecture sobre et raffinée du Sixième Quatuor. Si la vision un rien trop « constructiviste », du Troisième Quatuor peut séduire, elle manque de profondeur. L'interprétation du Huitième Quatuor vaut pour sa maîtrise instrumentale, malgre un jeu un peu trop uniforme.