Rezension
Le Monde de la Musique Janvier 2008 | Patrick Szersnovicz | 1. Januar 2008
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S'ouvrant sur un thème initial d'une indicible grandeur, la Septième Symphonie (1881 1883) de Bruckner possede une monumentalité plus directe que ses voisines. Ce fut, après sa création triomphale le 30 décembre 1884 à Leipzig, la prèmiere œuvre de Bruckner a avoir suscite d'emblée l'adhesion universelle.
Interprète d'élection de cette œuvre avec Jochum, Furtwängler, Van Beinum et Karajan, Karl Böhm en a laisse plusieurs enregistrements de premier ordre, dont un, célèbre, en 1976, avec les Wiener Philharmoniker (DG). Enregistré par la Radio bavaroise l’année suivante, le présent témoignage s'impose par une tension qui repose sur une assise exceptionnelle des basses. Si l'importance des voix intermédiaires met en avant quelques rugosités très allemandes, tout est puissamment intègre dans cette direction ou la musique est saisie dans sa globalité. Cette interprétation préfère a la mystique d'un Jochum déjà perdu dans l'extase de l'au delà une vision plus humaine et dramatique. Böhm s'appuie sur des tempos plutôt enlevés – excepte dans un « Adagio » à la pulsation profonde –, sur un phrase souple et expressif et sur une articulation et des contrastes parfaitement observés. Les amateurs de stricte objectivité ne trouveront pas leur compte dans cette vision engagée, impérieuse et abrupte, mais qui s'identifie en profondeur a la mélancolie lyrique de l'œuvre.