Avec ce second volume de l'intégrale des concertos pour piano et orchestre de Saint-Saëns, la pianiste Anna Malikova confirme les qualités que son interprétation des Concertos nos 1,2 et 4 avait montrées {Le Monde de la musique n° 295). Dans des œuvres écrites en 1868 sous l'influence de Liszt (Concerto n° 3 op. 29) et en 1895 lors d'un séjour à Louxor (Concerto n° 5 « Egyptien » op. 103), le compositeur, en un quart de siècle, reste fidèle à une superficialité délibérée qui préfère aux excès de sentiments une forme de distanciation.
On retrouve chez la soliste une technique pianistique exemplaire, une netteté d'articulation, un refus du pathos qui rendent justice à l'esprit de Saint-Saëns. A la tête de l'Orchestre symphonique de la WDR de Cologne, Thomas Sanderling apporte équilibre, rigueur et efficacité. La clarté de la prise de son contribue à la réussite de ce disque qui, sans marcher sur les brisées de Jeanne-Marie Darré/Louis Fourestier (EMI), Aldo Ciccolini/Serge Baudo (EMI), égale Jean-Philippe Collard/André Prévin (EMI), Philippe Entremont/Michel Plasson (Sony), Gabriel Tacchino/Louis de Froment (Brilliant), Stephen Hough/Sakari Oramo (Hyperion), voire Pascal Rogé/Charles Dutoit (Decca).