Rezension Diapason N° 723 JUIN 2023 | June 1, 2023 Ce concert(excellemment capté) du 8 septembre 1968, est à trois titres...
Ce concert(excellemment capté) du 8 septembre 1968, est à trois titres symbolique de la trajectoire de Rafael Kubelik : donné quelques jours après l’écrasement du Printemps de Prague par les troupes du Pacte de Varsovie, il marque les vingt ans d’exil du chef tchèque et se tient à Lucerne, ville où il a entretemps élu domicile.
Avec sa rythmique robuste et ses accords charnus, sa lecture de la Symphonie no 99 de Haydn ne s’embarrasse guère de scrupules stylistiques. Sa rassurante vigueur – ces flûtes galantes en diable ! – est révélatrice de l’esthétique qui prédominait encore, loin de l’acuité que les pionniers Hermann Scherchen ou Hans Rosbaud s’étaient employés à restaurer.
Le concerto pour piano de Schönberg n’a pas ce caractère daté. Rarement la partie soliste aura moins senti l’effort que sous les doigts de John Ogdon. Conjurant toute aridité, son toucher tempère par sa plasticité le sérialisme de l’écriture pour faire surgir çà et là des réminiscences des Trois pièces pour piano op. 11, voire des Cinq pièces pour orchestre op. 16.
Kubelik aborde la 4e de Tchaïkovski avec une ardeur mâtinée d’austérité. Le premier mouvement file droit, comme taillé à la serpe. Renonçant aux rallentandos, le chef maintient l’Andantino dans un cadre tout aussi dépouillé. Bouclé en 5’ 15’’ (soit trente secondes de moins qu’avec Mravinski et Markevitch qui pourtant ne traînent pas), le Scherzo est l’un des plus haletants de la discographie, tandis que le finale accentue l’oppositon entre le premier thème, projeté avec une fougue lapidaire, et le second que Kubelik étire sans pour autant l’alanguir.
Avec sa rythmique robuste et ses accords charnus, sa lecture de la Symphonie no 99 de Haydn ne s’embarrasse guère de scrupules stylistiques. Sa rassurante vigueur – ces flûtes galantes en diable ! – est révélatrice de l’esthétique qui prédominait encore, loin de l’acuité que les pionniers Hermann Scherchen ou Hans Rosbaud s’étaient employés à restaurer.
Le concerto pour piano de Schönberg n’a pas ce caractère daté. Rarement la partie soliste aura moins senti l’effort que sous les doigts de John Ogdon. Conjurant toute aridité, son toucher tempère par sa plasticité le sérialisme de l’écriture pour faire surgir çà et là des réminiscences des Trois pièces pour piano op. 11, voire des Cinq pièces pour orchestre op. 16.
Kubelik aborde la 4e de Tchaïkovski avec une ardeur mâtinée d’austérité. Le premier mouvement file droit, comme taillé à la serpe. Renonçant aux rallentandos, le chef maintient l’Andantino dans un cadre tout aussi dépouillé. Bouclé en 5’ 15’’ (soit trente secondes de moins qu’avec Mravinski et Markevitch qui pourtant ne traînent pas), le Scherzo est l’un des plus haletants de la discographie, tandis que le finale accentue l’oppositon entre le premier thème, projeté avec une fougue lapidaire, et le second que Kubelik étire sans pour autant l’alanguir.