Rezension Diapason N° 734 JUIN 2024 | 1. Juni 2024 On peut soupçonner l’album d’être construit autour de la » Totentanz «...
On peut soupçonner l’album d’être construit autour de la » Totentanz « transportée à l’orgue par Anna-Victoria Baltrusch. Tour de force bluffant de la transcriptrice et de l’exécutante pour une pièce qui appelait si peu cet instrument et lui résiste dans les passages en notes répétées et en glissandos. L’orgue de la Hofkirche de Lucerne, avec ses jeux spatialement dispersés, lui fournit quelques effets métaorchestraux plaisants.
Moins plaisantes sont les trois pièces canoniques, présentées comme des showpieces de pure virtuosité, dans lesquelles les mêmes effets d’orchestration se retrouvent avec moins d’à-propos, assortis de contrastes faciles et de rubatos téléphonés. On pourra éventuellement dire que le décousu de » B.A.C.H. « renoue avec l’esprit rhapsodique de l’improvisation que fut sans doute, à l’origine, ce prélude et fugue si peu diptyque ; en revanche, il est difficile de justifier l’atomisation de la forme d’» Ad nos « et surtout de » Weinen, Klagen « en un défilé de clichés techniquement étincelants (sauf les fugues d’» Ad nos «, étonnamment dénervées) mais d’où toute poésie est radicalement bannie.
Pour rendre leur musique à ces trois chefs-d’œuvre, vous avez l’embarras du choix : la virtuosité de Pierre Labric (Solstice), l’intelligence analytique de Jean-Pierre Leguay (Festivo) ou bien le romantisme altier de Louis Robilliard (Festivo) sans oublier, pour » Ad nos «, le retour aux sources d’Yves Rechsteiner (Alpha) sur le somptueux Ladegast de Schwerin.
Moins plaisantes sont les trois pièces canoniques, présentées comme des showpieces de pure virtuosité, dans lesquelles les mêmes effets d’orchestration se retrouvent avec moins d’à-propos, assortis de contrastes faciles et de rubatos téléphonés. On pourra éventuellement dire que le décousu de » B.A.C.H. « renoue avec l’esprit rhapsodique de l’improvisation que fut sans doute, à l’origine, ce prélude et fugue si peu diptyque ; en revanche, il est difficile de justifier l’atomisation de la forme d’» Ad nos « et surtout de » Weinen, Klagen « en un défilé de clichés techniquement étincelants (sauf les fugues d’» Ad nos «, étonnamment dénervées) mais d’où toute poésie est radicalement bannie.
Pour rendre leur musique à ces trois chefs-d’œuvre, vous avez l’embarras du choix : la virtuosité de Pierre Labric (Solstice), l’intelligence analytique de Jean-Pierre Leguay (Festivo) ou bien le romantisme altier de Louis Robilliard (Festivo) sans oublier, pour » Ad nos «, le retour aux sources d’Yves Rechsteiner (Alpha) sur le somptueux Ladegast de Schwerin.