Rezension Diapason Oktober 2017 | Jean-Michel Molkhou | October 1, 2017 Par son esprit incantatoire, sa profondeur méditative, ses couleurs orientales,...
Par son esprit incantatoire, sa profondeur méditative, ses couleurs orientales, Schelomo (1916) reste une des pages les plus révélatrices du hysticisme d'Ernest Bloch – qui puise son inspiration dans la pensée du Roi Salomon mais aussi dans des thèmes du folklore juif. Le grand violoncelliste américain Lynn Harrell enseigne d‘ailleurs à ses élèves que pour appréhender l'âme de cette oeuvre poignante, il faut avoir entendu un office dans une synagogue ou mieux, avoir assisté à une soirée de Shabbat. De style quasi improvisé, la partie soliste chante autant qu'elle ne déclame, soutenue par un orchestre chargé d'évoquer la splendeur antique.
Marc Coppey en délivre une lecture d'une forte intériorité, dont la pudeur nous touche profondément. La voix de son Goffriller transmet toute sa tendresse, tandis que Kirill Karabits équilibre magnificence et retenue – il ne semble jamais contraindre le soliste. L'essence rhapsodique de l'oeuvre tout comme sa gravité dramatique sont traduits avec un art qui apparente la nouvelle gravure au légendaire 78 tours d'Emanuel Feuermann et Stokowski, en 1940.
Dans le concerto de Dvorak, n'attendez pas l'opulence d'un Rostropovich. Coppey, qui fut un temps le violoncelliste du Quatuor Ysaye, dialogue en fin chambriste avec les musiciens du DSO Berlin. Soliste et orchestre ne se livrent pas l'habituelle joute héroïque qui anime la plupart des versions. La baguette de Kirill Karabits sculpte en finesse les timbres de l'excellente formation berlinoise. Ici le pathétisme reste élégant. Le soin apporté aux couleurs, aux nuances, aux respirations, aux enchaînements est souligné par une prise de son sans réverbération artificielle.
Entre les deux monuments, Klid (Le Silence de la forêt), transcription par Dvorak lui-même d'une page pour piano à quatre mains, confirme le raffinement d'un disque inspiré.
Marc Coppey en délivre une lecture d'une forte intériorité, dont la pudeur nous touche profondément. La voix de son Goffriller transmet toute sa tendresse, tandis que Kirill Karabits équilibre magnificence et retenue – il ne semble jamais contraindre le soliste. L'essence rhapsodique de l'oeuvre tout comme sa gravité dramatique sont traduits avec un art qui apparente la nouvelle gravure au légendaire 78 tours d'Emanuel Feuermann et Stokowski, en 1940.
Dans le concerto de Dvorak, n'attendez pas l'opulence d'un Rostropovich. Coppey, qui fut un temps le violoncelliste du Quatuor Ysaye, dialogue en fin chambriste avec les musiciens du DSO Berlin. Soliste et orchestre ne se livrent pas l'habituelle joute héroïque qui anime la plupart des versions. La baguette de Kirill Karabits sculpte en finesse les timbres de l'excellente formation berlinoise. Ici le pathétisme reste élégant. Le soin apporté aux couleurs, aux nuances, aux respirations, aux enchaînements est souligné par une prise de son sans réverbération artificielle.
Entre les deux monuments, Klid (Le Silence de la forêt), transcription par Dvorak lui-même d'une page pour piano à quatre mains, confirme le raffinement d'un disque inspiré.